Pour envisager des programmes de sélection compétitifs visant à développer la filière apicole en France, il s’agit de disposer d’une génétique mieux adaptée aux besoins des apiculteurs en incluant outre les caractères de production, la résistance au Varroa comme objectif de sélection prioritaire. Afin de répondre à cet enjeu, le projet BEESTRONG porté par LABOGENA vient d’être sélectionné par FranceAgriMer dans le cadre du « Programme d’Investissement d’Avenir ». Ce programme de Recherche et Développement associe les moyens et compétences de LABOGENA, l’ITSAP et 3 unités de recherche de l’INRA (dont l’unité GABI) pour identifier les marqueurs génétiques pour la sélection d’abeilles résistantes au parasite varroa.
LABOGENA est le spécialiste français de l’analyse génétique animale. Fort de plus de 50 ans d’expérience, il assure des prestations dans l’identification, le contrôle de filiation des animaux, l’analyse de polymorphismes, et le typage génétique. LABOGENA est une filiale de l’Union de coopératives agricoles EVOLUTION, N°1 français et N°2 européen dans les métiers de la génétique bovine, présente dans diverses filières (bovine, caprine, équine…). En tant que leader français de la sélection animale, le groupe EVOLUTION, via sa filiale LABOGENA, souhaite développer une offre de service innovante sous la forme de marqueurs génétiques permettant de sélectionner des abeilles résistantes au varroa. L’Institut technique et scientifique de l’apiculture et de la pollinisation – Institut de l’Abeille (ITSAP) a pour mission de concourir au développement de l’apiculture professionnelle française et d’être un appui technique à la filière apicole. L’ITSAP a récemment été chargé par le ministère de l’agriculture de piloter, en collaboration avec l’INRA, un programme d’amélioration génétique des populations françaises d’abeilles. En effet, contrairement à d’autres pays, les démarches de sélection de l’abeille en France n’ont jamais connu de développement important ni fait l’objet d’une structuration à l’échelle de la filière. Depuis quelques années, des programmes de sélection ont été développés sur la base d’initiatives individuelles ou de groupes d’apiculteurs. Ces programmes restent toutefois assez empiriques et ne s’appuient pas sur les méthodes et outils de sélection utilisés dans les espèces d’animaux d’élevage.
Une étape indispensable à la prise en compte opérationnelle d’un critère de sélection de la résistance au Varroa est la modélisation et l’optimisation des schémas de sélection existants ou en cours d’émergence (nombre de candidates à la sélection, nombre de filles contrôlées par reine, choix des mâles…) pour évaluer les gains génétiques que l’on peut espérer selon les stratégies de sélection mises en oeuvre. Ceci fera l’objet de travaux conduits dans le cadre d’une thèse.
Dans un premier temps, une modélisation conceptuelle des programmes de sélection apicole sera effectuée pour définir les paramètres clés du progrès génétique pour lesquels des contraintes biologiques (ex : reproduction), organisationnelles et/ou financières (ex : nombre d’éleveurs sélectionneurs, nombre de candidates à la sélection et de filles susceptibles d’être contrôlées) peuvent limiter plus ou moins le champ des possibles pour proposer des programmes de sélection efficaces. Ce travail commencera sous les hypothèses classiques d’un modèle génétique infinitésimal et donc d’une sélection de caractères expliqués par un grand nombre de gènes tous à effets faibles et additifs. Cela donnera lieu à une première publication scientifique (livrable n°1) qui devrait être rédigée en fin de première année de thèse (octobre 2017).
Dans un second temps, il sera réalisé une étude critique de l’intérêt opérationnel des différents types de schéma de sélection apicole envisageables d’après les travaux réalisés précédemment et en fonction du modèle génétique sous-jacent à la résistance au varroa, à savoir selon le nombre de gènes et la nature de leurs effets (gènes majeurs ou non, à effets additifs, dominants ou récessifs…) susceptibles d’expliquer la variabilité des résistances observées à Varroa d’une ruche à une autre. La prédiction du progrès génétique attendu selon l’architecture génétique du caractère de résistance à varroa et le choix du meilleur schéma de sélection en résultant feront l’objet d’une seconde publication scientifique (livrable n°2) en fin de seconde année de thèse (octobre 2018).
Dans un troisième et dernier temps (de novembre à septembre 2019), les premiers travaux d’identification de marqueurs associés au phénotype de résistance (projet Beestrong) permettront de définir la stratégie de sélection la plus pertinente parmi celles étudiées en phases n°1 et n°2 et donc de proposer les modalités d’une intégration efficace dans les programmes de sélection d’un caractère de résistance au parasite Varroa qui seront explicités dans le rapport de thèse (livrable n°3). Ceci donnera les premières bases à la définition d’un mode d’emploi (livrable n°4) à destination des apiculteurs sélectionneurs d’un génotypage des reines utile pour accroître le ou les allèles de résistance à Varroa dans les populations d’abeilles domestiques. Qui plus est, si le caractère d’intérêt s’avérait polygénique (absence d’un gène majeur de résistance), la thèse contribuera dans cette phase n°3 à définir le nombre de marqueurs nécessaires (de quelques dizaines au millier de marqueurs) à génotyper dans l’outil génomique produit par Labogena pour optimiser l’efficacité économique de la sélection pour la filière (compromis entre la précision de la prédiction et le coût financier de la prédiction), ce qui sera alors un dernier livrable possible de la thèse.
Contacts : Florence Phocas, ([email protected]), avant le 15 juin 2016.

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement.

Pout toute autre question, vous pouvez contacter [email protected].