État de l’art et problématique visée :

Si l’éclairage artificiel nocturne a des effets connus sur le plan physiologique et comportemental, affectant donc potentiellement la distribution temporelle et spatiale des individus et certaines interactions interspécifiques, son impact sur la dynamique des populations, des communautés et plus encore le fonctionnement des écosystèmes est à ce jour encore mal évalué. Or cet éclairage connait un développement toujours marqué dans les espaces aussi bien urbains, agricoles que naturels. Dans un souci d’économie énergétique, différentes mesures de réduction se traduisent par l’apparition de nouveaux types d’éclairage, dont l’influence sur la biodiversité n’est pas encore connue. Les conséquences de cette lumière artificielle et de ses mesures de réduction énergétique pourraient en effet être non négligeables sur le plan de la conservation, mais aussi sur l‘efficacité des politiques dédiées telles la mise en protection et en réseau d’espaces naturels (trames vertes et bleues, etc.).
Cette thèse vise clairement à réduire ces lacunes en considérant tout particulièrement les réponses de la biodiversité (population, communauté – principalement chiroptères et lépidoptères hétérocères) en termes de distribution spatiale et temporelle, face à l’éclairage artificiel nocturne, à différentes échelles (échelle de communes, de quartiers et de sources de lumière isolées). Elle vise à identifier quels paramètres lumineux sont les plus déterminants dans l’impact de la pollution lumineuse sur la faune nocturne, et à déterminer quelles stratégies globales mettre en œuvre pour réduire cet impact à l’échelle des territoires, en agissant sur les trames noires et les éléments structurants du paysage.
La réponse à ces questions se fera grâce aux croisements de données de type biodiversité, éclairage artificiel, paysage (habitats, trame verte et bleue). Les données biodiversité proviendront de collectes spécifiques sur le terrain à l’échelle de communes et de quartiers (observation et expérimentation), mais aussi des observatoires Vigie-Nature (http://vigienature.mnhn.fr/, particulièrement du suivi Vigie-Chiro). Ces données biodiversité seront croisées à des données environnementales relatives aux paysages (habitat, éléments linéaires) et à l’éclairage artificiel. Les résultats de ces analyses permettront de produire et alimenter les scénarios de réponse de la biodiversité aux politiques locales d’optimisation de l’éclairage public et d’aménagement du territoire.

Conditions de réalisation de la thèse :

La thèse débutera entre 1er octobre 2015 et le 30 novembre 2015. Sa durée est de 3 ans.
La majorité du travail sera effectué au sein du CESCO (CERSP-MNHN), qui regroupe un grand nombre de chercheurs et d’étudiants travaillant sur différentes problématiques de conservation (http://www2.mnhn.fr/cersp/). Du temps sera également passé en entreprise au sein du Département Biodiversité de la société Airele, dont l’équipe d’écologues et de naturalistes constituera un appui technique aux travaux de recherche. Des déplacements sont à prévoir pour la collecte de données sur le terrain, potentiellement dans toute la France.
Les analyses donneront donc lieu à des collaborations étroites au sein du MNHN (J.F. Julien, C. Azam, etc.) mais aussi avec d’autres laboratoires de recherche. La thèse bénéficiera du contexte de développement de cette thématique, sur le plan scientifique au niveau national et international, mais aussi sur le plan appliqué via les collaborations déjà engagées avec des acteurs de l’aménagement du territoire (partenaires privés).
Le financement, de 1957€ bruts par mois, sera assuré par la société Airele, en principe avec l’aide du dispositif CIFRE de l’Agence Nationale Recherche Technologie (dossier en cours de soumission ; http://www.anrt.asso.fr/).

Profil recherché :

– M2 recherche ou équivalent sur une des thématiques suivantes : Biologie de la Conservation, Biodiversité, Fonctionnement des écosystèmes, Ecologie théorique
– Motivation pour la recherche appliquée
– Sensibilité naturaliste, des compétences en chiroptérologie seraient un plus
– Rigueur, autonomie, esprit d’analyse et de synthèse
– Connaissances en statistiques et logiciel R indispensables
– Aisance rédactionnelle
– Permis B indispensable

Localisation :

Le temps de travail sera partagé entre :
– Le Centre des Sciences de la Conservation (CESCO/CERSP UMR7504 CNRS-UPMC-MNHN), Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France
– Le bureau d’études en environnement et développement durable Airele, Roost-Warendin, France

Pour candidater :

Dossier à envoyer (CV, lettre de motivation) avant le 12 mars 2015 à :

Isabelle Le Viol, maître de conférences MNHN : [email protected]
Christian Kerbiriou, maître de conférences Université Paris VI : [email protected]
Nicolas Valet, responsable du Département Biodiversité – Société Airele : [email protected]

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement.

Pout toute autre question, vous pouvez contacter [email protected].