Les écosystèmes de montagnes sont d’une importance considérable pour les sociétés humaines (provision d’eau potable, entre autres) mais très sensibles aux changement globaux (dérèglement climatique, pollutions chimiques et nutritives, dégradation des habitats, introduction d’espèces invasives) causé par les activités humaines (pastoralisme, tourisme, construction de barrage, empoissonnement des lacs d’altitude). Les biofilms sont des communautés très productives et diversifiées des écosystèmes d’eau douce. En altitude, ils forment notamment la base des réseaux alimentaires et jouent de nombreux autres rôles Les biofilms sont évidemment impactés par les changements globaux, mais les conséquences pour les êtres qui en dépendent sont inconnues. Les amphibiens jouent un rôle actif dans la purification de l’eau et constituent le lien entre les écosystèmes aquatiques et terrestres. Les têtards, en outre, se nourrissent du biofilm. La chytridiomycose des amphibiens, une maladie panzootique causée par le champignon aquatique Batrachochytrium dendrobatidis (Bd), est une menace sérieuse pour la biodiversité des amphibiens, ayant causé des centaines de déclins et d’extinctions dans le monde. Cette maladie est observée dans les Pyrénées depuis 2003, où elle provoque des mortalités massives dans les populations de crapauds accoucheurs (Alytes obstetricans).
Toutefois, l’épidémiologie de la chytridiomycose amphibienne n’y est pas encore élucidée. Plusieurs éléments suggèrent que les amphibiens pourraient être protégés par des facteurs environnementaux biotiques, comme par exemple la microfaune aquatique (Schmeller et al. 2014). Notre objectif est d’évaluer si les biofilms benthiques des lacs pyrénéens peuvent réduire le risque infectieux posé par Bd. Nous voulons aussi déterminer si divers types de biofilms ont différentes capacités de protection, et s’ils peuvent aider à limiter l’infection. En effet, Bd possède un stade de vie aquatique et motile, la zoospore (le stade infectieux), qui est susceptible d’entrer en contact avec les biofilms benthiques. Ces derniers sont des mini-écosystèmes connus soit pour être capable d’abriter et protéger certains agents pathogènes humains causant des maladies hydriques (lorsque que ces derniers parviennent à coloniser un biofilm), soit pour les éliminer (les biofilms peuvent abriter des microprédateurs, ou contenir des microorganismes antagonistes à Bd, par exemple en sécrétant des substances antifongiques). Notre hypothèse est que plus la biodiversité est importante dans les biofilms, plus ces derniers seront capables de réduire la quantité de zoospores dans la colonne d’eau, et donc de diminuer la pression infectieuse pour les amphibiens. L’altération des biofilms par les activités humaines mènerait alors à un risque d’infection et/ou une charge parasitaire plus importants pour les amphibiens.
Pour tester cette hypothèse, nous avons adopté une approche transdisciplinaire, liant investigations in- et ex-situ. Nous souhaitons, avec ce projet de M2, compléter notre approche de metabarcoding par des expériences en laboratoire. Nous voulons déterminer si les biofilms peuvent réduire le nombre de zoospores et si cela réduit la pression infectieuse pour les têtards. En combinant nos deux approches, nous améliorerons notre compréhension du rôle des biofilms dans la dynamique de la maladie.
L’approche est multidisciplinaire, impliquant les sciences épidémiologiques, écologiques (limnologie) et microbiologiques. L’échelle est régionale (Pyrénées).

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