L’objectif de ce stage de M2 sera d’étudier les variations morphologiques au sein d’une communauté d’abeilles sauvages au cours d’une année et entre deux périodes à un siècle d’intervalle.
La pollinisation étant une interaction, elle requiert la simultanéité de la floraison et de la période de vol des pollinisateurs. Dans un contexte de perturbations climatiques qui modifient les phénologies de certains organismes, il est important de comprendre comment les communautés de pollinisateurs réagissent aux variations climatiques.
Selon les lois de Bergmann et d’Allen, les espèces tendent à être plus grosses et à avoir des appendices moins développés sous climat froid pour des raisons de thermorégulation (plus faible surface d’échange avec l’extérieur pour leur réserve de chaleur). Si ces lois sont plus versatiles chez les insectes, les variations de taille d’abeilles ont été récemment observées entre saisons et à différentes altitudes. Cependant, nous ignorons si la diversité de traits fonctionnels liés à la pollinisation, tels que la morphologie de la langue, est affectée par ces contraintes climatiques.
D’autre part, en un siècle, la température globale a augmenté, modifiant les contraintes abiotiques. Si certaines espèces se sont adaptées en modifiant leur phénologie, d’autres espèces ont pu s’adapter autrement, notamment à travers une variation morphologique. L’effet des changements globaux sur la morphologie des abeilles est pourtant encore peu étudié. La morphologie étant impliquée dans la pollinisation, comprendre comment la morphologie des espèces est liée aux variations climatiques permettrait de mieux appréhender les impacts des changements globaux sur la pollinisation.
Dans un premier temps (Février-Mars), le stage se focalisera sur la caractérisation morphologique des espèces d’une communauté d’abeilles sauvages. La communauté a été échantillonnée dans 7 localités de Corse du Sud de Mars à Novembre 2017. Les spécimens seront déjà collectés, épinglés et identifiés. Combinées aux données d’abondances des espèces, ces données morphologiques permettront de tester 2 hypothèses principales:
– En saison froide, la communauté d’abeilles est-elle composée d’espèces plus grandes, plus sphériques et aux membres plus courts ?
– La diversité des tailles de langue co-varie-t-elle avec les traits influencés par le climat ?
Une fois les variations saisonnières identifiées, l’étudiant évaluera si des tendances sont aussi observées en réponse au réchauffement climatique (Avril-Mai). Pour ce faire, la morphologie d’abeilles contemporaines sera comparée à celle de mêmes espèces, prélevées dans la même zone plus d’un siècle auparavant. Cette comparaison sera faite grâce à une collection entomologique historique réalisée dans les mêmes localités (Corse du Sud). Elle permettra d’identifier comment la morphologie des abeilles a évolué :
– La morphologie des populations échantillonnées il y a un siècle est-elle différentes des populations actuelles ? Quels caractères ont changé ? Lesquels sont restés identiques ?
– La variation morphologique saisonnière entre espèces est-elle comparable aux changements observés au sein des espèces sur un siècle d’évolution, suite réchauffement climatique ?
Le stage s’effectuera en collaboration entre les laboratoires iEES et le CESCO, à Paris. Le stage sera basé à Jussieu, mais les mesures seront effectuées au Muséum National d’Histoire Naturelle.
Les étudiants intéressés sont invités à nous contacter au plus tôt avec une lettre de motivation et un CV à envoyer à l’adresse [email protected]

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