La Société Française d’Ecologie (SFE) vous propose cette semaine le regard n°51 de Robert Barbault et Anne Teyssèdre, respectivement Professeur d’Ecologie et médiatrice scientifique, sur les limites de la biosphère et leur prise en compte par les sociétés.

MERCI DE PARTICIPER à ces regards et débats sur la biodiversité en postant vos commentaires et questions sur les forums de discussion qui suivent les articles; les auteurs vous répondront.

Hommage à Robert Barbault

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  • Les humains face aux limites de la biosphère
  • La question des limites
  • La Biosphère et ses limites
  • Effet boomerang
  • Une biosphère poussée à la rupture
  • Une économie de la transition écologique
  • Bibliographie
  • Regards et séries vidéos associés
  • Forum de discussion sur ce regard
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    Hommage à Robert – 17 décembre 2013

    AT Robert-B mai2007C’est difficile de l’admettre, mais Robert nous a quittés jeudi dernier, 12 décembre.

    Scientifique érudit et éclairé, déterminé à ouvrir l’écologie à tous les domaines de la biologie et aux sciences de l’Homme, Robert a largement contribué depuis plus de trente ans à l’orientation des recherches en sciences de la vie, à la maturation des idées et aux convergences fructueuses entre disciplines liées à la biodiversité. Directeur et conseiller avisé, voire mentor pour certains (beaucoup ?) d’entre nous, il a encouragé nombre d’étudiants et chercheurs qui souhaitaient s’investir dans l’écologie et la biodiversité.

    Ecologue engagé, Robert clame depuis des années dans ses cours, ses livres et ses conférences (comme dans l’article ci-dessous) que les humains font partie de la biodiversité, en sont aujourd’hui des acteurs majeurs, et qu’il est vain de dissocier l’avenir des sociétés de leurs impacts sur la biosphère. Face à l’ampleur des enjeux de son déclin, la biodiversité est une cause publique. Le développement durable des sociétés passe par l’exploration et le maintien du fonctionnement des écosystèmes, dans leur diversité.

    Merci Robert pour ta clairvoyance, ta bienveillance et ta détermination. A nous de prolonger ta démarche scientifique et humaine, pour une écologie de la réconciliation.

    Hommage de la SFE à Robert Barbault.

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    Les humains face aux limites de la biosphère

    Robert Barbault(1) et Anne Teyssèdre(2)

    (1) Professeur Emérite à l’UMPC et au Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN)
    (2) Ecologue et médiatrice scientifique, chercheuse associée au Département d’Ecologie du MNHN

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    Mots clés : Biosphère, écosystèmes, espèces, fonctionnement, limites, impacts, sociétés, ressources, stabilité, résilience,
    seuils critiques, basculement, économie écologique, transition écologique, adaptation.

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    Comme le souligne l’intitulé d’un récent colloque(1), nous vivons dans les limites de la biosphère. Mais pourquoi un colloque sur une telle évidence ? Evidence peut-être, mais à regarder l’emballement fou du monde moderne il ne semble pas qu’elle soit réellement prise en compte. D’ailleurs, dans son ouvrage « Le temps du monde fini », Geneviève Azam nous rappelle la belle formule de Paul Valéry, écrite en 1931 : « le temps du monde fini commence ». Et s’étonne qu’un tel appel n’ait pas été entendu.

    Cette surdité, l’aveuglement qui l’accompagne, deviennent aujourd’hui particulièrement préoccupants : la démesure qui s’est emparé de nos sociétés modernes, dans le droit fil d’une révolution techno-industrielle expansionniste, déstabilise dangereusement la biosphère. Ou plutôt, s’attaque sans relâche à la nature – et donc à l’humain, ne nous y trompons pas. Car les sociétés reposent sur le vivant – comme leurs économies !

    (1) Colloque « Produire et consommer dans les limites de la biosphère », organisé par les associations Nature Parif et Humanité et Biodiversité, qui s’est tenu au Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) le 19 mars 2013.

    La question des limites

    Que l’on remonte à Malthus (1798), ou seulement au Rapport du Club de Rome dit « Rapport Meadows » (Limits to growth, traduit maladroitement en français par «Halte à la croissance»), publié en 1972 pour le Sommet planétaire de Stockholm – qui devait mettre à l’Agenda des Etats la problématique de l’environnement – la question des limites est rejetée sans mesure. Avec violence.

    Rappelons les trois principales conclusions de ce Rapport :

    Pêche industrielle © P. Gleizes

    Pêche industrielle © P. Gleizes

    1. Si les rythmes actuels de croissance de la population mondiale, de l’industrialisation, de la pollution et des prélèvements sur les ressources naturelles, se poursuivent inchangés, les limites à la croissance dans cette planète seront atteintes dans la prochaine centaine d’années, avec pour résultat probable un déclin incontrôlable à la fois de la population et de notre capacité industrielle.

    2. Il est possible de corriger cette dérive et d’établir les conditions d’une stabilité écologique et économique soutenable durablement permettant à chaque habitant de la Terre de satisfaire ses besoins naturels et de réaliser équitablement, son potentiel humain personnel.

    3. Si la population mondiale opte pour cette seconde stratégie, plus tôt elle le fera, plus grandes seront ses chances de succès.

    Rien de révolutionnaire dans tout cela ! On est loin de propos de « dangereux écologistes » – les boucs émissaires préférés des techno-scientistes. Pourtant, ce livre-choc fut sévèrement critiqué. Outre qu’il prétendait empêcher de « croître en rond », il sous-estimait les innovations technologiques futures et ignorait le mécanisme des prix dans les processus de rétroaction des modèles utilisés. Soit, mais l’objection fondamentale visait l’idée que la croissance pourrait avoir des limites. De fait, la croissance économique était devenue le premier objectif politique des gouvernements et partis politiques de tous bords – et c’est toujours le cas !

    Certes, le Rapport Brundtland paru en 1987 a fini par imposer l’idée que notre développement n’était pas durable – parce que ne respectant pas l’idée de limites – et qu’il fallait s’orienter vers un développement soutenable. Mais faute d’avoir changé les modes de pensée dominants, qui nous conduisent aujourd’hui à une crise économique et écologique planétaire, on n’en est encore trop largement qu’à du «développement pourvu que ça dure» ! L’hypothèse encore largement admise chez les économistes de la « soutenabilité faible », qui admet que les pertes de biodiversité et autres détériorations du « capital naturel » peuvent être compensées par des innovations techniques ou industrielles, a fait son oeuvre(2). Même si les esprits sont aujourd’hui mieux préparés à voir et à entendre.

    (2) Cette hypothèse s’oppose à celle de soutenabilité forte des promoteurs de l’« empreinte écologique », plus exigeante, qui tient les capacités de la biosphère pour finies.

    Changer les modes de pensée dominants sur le fonctionnement des sociétés humaines, c’est adopter une vision écologique du monde. C’est reconnaître que l’état et la dynamique des sociétés, et notamment leur économie, reposent sur le vivant. C’est rompre avec le divorce occidental entre les humains et la nature – celle-ci ayant été vite emportée (ignorée ou méprisée) par la religion du Progrès. Progrès de l’humain ? Vous voulez rire : progrès technologique (Barbault et Weber, 2010).

    © Louis de Redon

    © Louis de Redon

    Les conditions de vie rencontrées à la surface de la Terre résultent de l’activité de myriades d’espèces qui interagissent entre elles et avec leur milieu physique (biotope). Dissipant l’énergie captée du rayonnement solaire (et de la dynamique géothermique) par les organismes dits autotrophes, les espèces qui forment ces réseaux évoluent continuellement mais lentement -ou s’éteignent !- en réponse aux changements environnementaux. Et voici que se distingue une espèce intelligente et touche à tout, dotée d’une grande capacité à analyser, communiquer et modifier l’environnement à son avantage (souvent à court terme et localisé !), qui par sa compétitivité et ses innovations techniques envahit en quelques millénaires toutes les terres non gelées de la planète, pour en modifier aujourd’hui largement les habitats et biotopes (voir par exemple Vitousek et al., 1997, puis le rapport 2013 du GIEC).

    Mais cette stratégie de domination et transformation des écosystèmes ignore totalement les impacts différés et distants et autres effets rebonds des actions entreprises… notamment sur l’espèce « dominante » ! Elle ignore, en d’autres termes, les limites d’adaptation des espèces et des socio-écosystèmes au changement.

    Dans son livre testament Sortie de secours (1991), Théodore Monod écrivait : « On ne fait plus les choses parce qu’elles seraient utiles ou nécessaires mais, simplement, parce que techniquement on peut les faire ». Et il ne connaissait pas les « biologistes de synthèse » qui sont capables de nous promettre et la vie éternelle et la résurrection de l’Homme de Néanderthal, entre autres miracles – histoire de mettre un peu d’animation dans un monde abandonné qui en manquerait !

    La Biosphère et ses limites

    Inquiétant qu’il soit devenu nécessaire de rappeler que nous dépendons totalement de la biosphère – Vladimir Vernadsky, développeur du concept (1929), doit se retourner dans sa tombe. De rappeler que la première source d’énergie dont nous avons un besoin vital est la photosynthèse. Merci, phytoplancton, algues et plantes terrestres pour l’oxygène que vous émettez ; merci de votre production, qu’on appelle primaire parce qu’elle est la première, base de toutes les autres dans les réseaux du vivant. Une production variable au fil des temps géologiques, mais nécessairement limitée : 130 milliards de tonnes actuellement par an sur terre, 110 en mer (Barbault et Weber, 2010).

    Forte aujourd’hui de sept milliards d’habitants – environ neuf milliards attendus pour 2050 ! (cf. le regard n°33 de Gilles Pison sur cette plateforme) – notre espèce aux besoins énergétiques élevés détourne à son usage environ 25% de la production primaire terrestre mondiale (Haberl et al, 2007). Une proportion croissante qui, associée à la destruction des habitats qui l’accompagne, menace le futur de bien des espèces (ex : Teyssèdre, 2004).

    (©) Anne Teyssèdre

    © Anne Teyssèdre

    L’espace est en effet lui-même une ressource limitée. La conversion de forêts, prairies et autres habitats semi-naturels en champs cultivés et autres milieux « anthropisés » réduit d’autant l’espace disponible pour les espèces inféodées à ces habitats semi-naturels. Ainsi la relation empirique aire-espèces(3) bien connue des écologues depuis près de cent ans, dite loi d’Arrhenius, montre que la disparition massive des habitats à l’échelle mondiale doit se solder par une réduction importante du nombre total d’espèces sur Terre d’ici quelques décennies (cf. Rosenzweig, 1995, 2001). Notons au passage que, puisque les exigences spatiales des organismes vivants augmentent avec leurs besoins énergétiques, les mammifères et oiseaux (au métabolisme élevé) sont particulièrement menacés par la réduction et la fragmentation actuelle des habitats (cf. UICN/ Balmford et Bond, 2005 et les regards n°6 et n°45).

    (3) S = c.Az . Cette équation générale relie le nombre d’espèces à l’équilibre S d’une communauté d’organismes similaires (même niveau trophique) à la surface A occupée par cette communauté. Dans cette équation, le coefficient c varie notamment avec la densité des communautés concernées (en nombre d’individus par unité de surface), donc avec le taxon et la latitude, et l’exposant z notamment avec l’isolement géographique (ainsi les communautés insulaires sont davantage menacées que les communautés régionales non isolées).

    La transformation des conditions de vie physicochimiques (ex. : teneur en azote, température, taux d’humidité, pH…) et biologiques descriptives des habitats se heurte quant à elle aux limites d’adaptation et d’organisation des espèces qui les peuplent, et charpentent les écosystèmes. Ainsi la modification progressive et massive des habitats terrestres et marins sous l’effet des activités humaines (agriculture intensive, autres pollutions chimiques des sols et cours d’eau, augmentation des émissions de CO2 et CH4, …) cause la raréfaction des espèces spécialistes d’habitats non anthropisés au profit d’espèces généralistes ou commensales de l’Homme (ex. Clavel et al. 2010, Teyssèdre et Robert 2014, et voir les regards n°16 et n°40 sur cette plateforme).

    MTI 2005Les réserves de ressources matérielles prélevées ou détruites dans les écosystèmes par les humains sont bien entendu limitées, comme l’a souligné le rapport Meadows. Ainsi la pêche industrielle, peu ou pas régulée aux échelles nationale et internationale, épuise localement et réduit globalement les stocks de poissons – principalement les grandes espèces, situées en haut des chaînes trophiques – depuis quelques décennies, tout en modifiant la structure et le fonctionnement des réseaux écologiques (cf. Pauly et al. 1998, et la regard n°31). [Le schéma ci-contre présente l’évolution du niveau trophique moyen (ou Index Trophique Moyen, MTI en anglais) des poissons pêchés dans les écosystèmes côtiers à l’échelle mondiale (courbe bleue), et pour l’Atlantique Nord (courbe rouge), de 1950 à 2000.]

    La biosphère, en outre, n’est pas qu’un réservoir d’espèces et de ressources vitales pour les humains. C’est un vaste complexe d’écosystèmes organisés et interconnectés, dont non seulement la productivité mais aussi la stabilité et la résilience sont limitées. Par leurs multiples interactions, les réseaux d’organismes qui structurent les écosystèmes modèrent les variations des conditions de vie locales et régionales, voire globales. Ainsi les zones humides recyclent la matière organique, purifient les eaux de surface, modèrent les crues et les périodes de sécheresse à l’échelle locale et régionale; ou encore, les forêts « purifient » l’air (oxygène contre gaz carbonique) et les eaux qui les traversent, fournissent gîte, nourriture et matériaux utiles à quantité d’espèces locales ou régionales (voire migratrices), dont la nôtre, et modèrent le réchauffement climatique global.

    Mais les aptitudes régulatrices de ces réseaux écologiques sont nécessairement limitées. Par leurs dimensions, d’une part – c’est ici encore un problème d’espace : un modeste bosquet perdu au sein de champs labourés ou dans une zone urbaine ne peut bien sûr purifier chaque jour qu’un petit volume d’air !

    Schéma du basculement d'un écosystème (© Sonia Kéfi, cf. regard n°37)

    Schéma du basculement d’un écosystème (© Sonia Kéfi, cf. regard n°37)

    La résistance de ces réseaux aux perturbations, ainsi que leur résilience après dégradation sont elles aussi limitées : au delà d’un certain seuil – généralement méconnu des acteurs humains – la perturbation d’un écosystème le fait basculer vers un autre régime de fonctionnement, défavorable à la survie de tout ou partie des organismes présents (ex : Scheller et al. 2001, Kefi et al. 2007, et voir le regard n°37 de Sonia Kéfi). Exemple classique : Le déversement d’engrais azotés dans les zones d’agriculture intensive cause l’eutrophisation des cours d’eau, nappes phréatiques et écosystèmes littoraux régionaux. [Les écosystèmes aquatiques euthrophisés accumulent les bactéries anaérobies émettrices de CO2, de méthane ou de sulfure d’hydrogène ainsi que les déchets organiques, tout en perdant leur limpidité, leur capacité à recycler l’oxygène, leurs poissons et autres animaux par définition aérobies…]

    Effet boomerang

    R4 AT SocioEcosystOr l’une des victimes du bouleversement actuel massif des écosystèmes n’est autre que… son auteur, alias Homo sapiens. Les multiples fonctions de recyclage et de régulation des écosystèmes utilisés par les humains, que l’on croyait naguère inépuisables, s’avèrent tout aussi limitées que leur productivité (ex : Ehrlich et Mooney, 1983). La détérioration de ces processus et fonctions limités (dits « services » écosystémiques), sous la pression des activités humaines, menace la structure et le fonctionnement des socio-écosystèmes – tandis que leur valorisation sociale et économique, en retour, constitue un levier pour la préservation des socio-écosystèmes et de la biodiversité (ex : Daily et al. 1997; Teyssèdre et al. 2004; et voir le regard n°4).

    Dans leur enquête mondiale sur l’état des écosystèmes, distinguant quatre grands types de services écosystémiques – les services d’approvisionnement, de régulation, de soutien et culturels – les auteurs du Millenium Ecosystem Assessment (MEA, 2005, ou Evaluation des écosystèmes pour le millénaire) ont montré que 60% des « services » rendus par les écosystèmes aux sociétés sont en voie de dégradation, voire de disparition. Et le changement climatique rapide en cours, dû à l’augmentation des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) liées aux activités humaines, constitue une épreuve de plus pour les écosystèmes et la biosphère ! (ex : Mooney et al., 2009, et voir les regards n°10 et n°30.)

    Bref, comme le rappelait René Passet à ses collègues économistes entrainés vers d’autres horizons, dans son fameux « L’Économique et le vivant » (1979), il est temps que l’économie s’intéresse sérieusement à la nature – autrement que pour inciter à en exploiter les ressources sans vergogne. Il est temps de reconnaître que l’économie, les sociétés humaines, ont besoin du vivant, de tout le vivant. Car, pendant que l’on regarde « ailleurs », ça se déchire de partout et l’humain à tout à y perdre !

    Que l’on songe ici à la sage mise en garde de Philippe Descola : « Ce qu’on fait de la nature est un bon indicateur de notre façon de traiter les humains ».

    Récif corallien mort et quasi déserté

    Récif corallien mort et déserté

    Ainsi donc, loin d’être des punching balls inusables, à solidité et élasticité garanties quelles que soient les conditions d’utilisation, les écosystèmes sont vulnérables et peuvent se déliter (plus exactement : changer de régime de fonctionnement) sous les pressions excessives… au détriment des sociétés humaines qui en dépendent. Dans son livre Collapse (Effondrement) paru en 2005, Jared Diamond explore cette question dans une approche notamment historique, et tente de cerner les facteurs d’adaptation des sociétés aux changements environnementaux engendrés au moins en partie par leurs activités.

    La principale originalité des synthèses récentes depuis le MEA et Collapse, soulignée par Paul Leadley et collaborateurs (2010) dans le Cahier technique n°50 de la CDB, est l’accent mis, dans les exercices de projection des changements, sur les « points de basculement ». Une équipe internationale a ainsi montré en 2008 qu’au delà d’une seuil critique de 20 à 30% en surface, la déforestation de la forêt amazonienne pourrait – devrait ? – enclencher une boucle de rétroaction positive entrainant l’aridification de l’ensemble de la région, c.-à-d. la transformation de l’ensemble de la forêt amazonienne en milieux ouverts (ex : Mahli et al. 2008), et donc l’émission annuelle de gigatonnes de CO2 pendant plusieurs décennies, avec des conséquences majeures sur le climat mondial.

    Une biosphère poussée à la rupture

    I = P.A.T Cette équation simple (dérivée de Holdren et Ehrlich, 1974) signifie que l’impact de notre espèce sur la biosphère augmente avec l’effectif de la population mondiale (P), la consommation moyenne d’énergie par individu (A, pour Affluence en anglais) et l’impact sur l’environnement (T, pour Technologies) de chaque unité d’énergie consommée (cf. Daily et Ehrlich, 1992).

    Cette formule, soulignons-le, ignore la variation de la consommation moyenne d’énergie que l’on sait cependant considérable d’une société à l’autre, d’un pays à l’autre, et entre secteurs d’activité. L’empreinte écologique sur la biosphère d’un homme d’affaire américain, européen ou koweitien est plus de cent fois supérieure à celle d’une indienne d’Amazonie, d’un Massaï ou d’une paysanne balinaise (voir le site du Global Footprint Network pour une comparaison des empreintes écologiques humaines et des capacités biotiques de renouvellement des écosystèmes par pays). Ce n’est certes pas la consommation individuelle d’énergie par les populations pauvres qui est en question dans ces lignes, mais bien celle des classes moyennes et aisées de l’ensemble des pays.

    © Anne Teyssèdre

    © Anne Teyssèdre

    A l’échelle mondiale, malgré les progrès techniques qui suggèrent une diminution progressive du facteur T au fil du temps, l’impact des humains sur la planète continue de croître avec l’augmentation de leur effectif (P) et de leur consommation moyenne d’énergie (A). Ceci parce que les progrès techniques favorisent la consommation moyenne d’énergie par individu, comme l’a montré dès 1865 l’économiste anglais W. S. Jevons à propos de la consommation de charbon en Grande Bretagne (c’est le « paradoxe de Jevons », cf. Alcott 2005), ainsi que l’augmentation de la population. Mais les capacités d’absorption des impacts par la biosphère, comme celles de chacun des écosystèmes qui la composent, sont limitées !

    Sous la plume éclairée de Stéphane Foucart le Monde du 8 juin 2012 titrait : « La biosphère mondiale à la veille d’une crise « irréversible »». Sept ans après le bilan et les perspectives publiés par le MEA (2005), il relayait deux synthèses parues dans le même numéro de Nature (2012) :

    – celle d’Anthony Barnosky et collaborateurs, qui met en garde contre l’imminence (à l’échelle de la fin du siècle ?) d’une « bascule abrupte et irréversible » de la biosphère terrestre du fait de l’ampleur des pressions exercées par les humains sur la planète – conduisant celle-ci vers un état de la biosphère inconnu d’Homo sapiens depuis son émergence il y a quelque 200 000 ans ;

    – celle de Bradley Cardinale et collaborateurs, qui souligne une nouvelle fois que la biodiversité et les écosystèmes qu’elle constitue sur notre planète représentent des ressources et services irremplaçables pour les sociétés humaines et leurs économies – mais que ce capital écologique est sérieusement menacé (cf. les regards n°30 et n°46).

    Et, tout récemment, Paul et Anne Ehrlich (2013) enfoncent le clou dans les Proceedings of the Royal Society : « Can a collapse of global civilisation be avoided ? ».

    Au vrai, ces perspectives étaient déjà inscrites dans le prémonitoire « Avant que nature meure » de Jean Dorst (1965 ; réédition complétée 2012). On savait déjà – et ça n’était pas vague, même si, depuis, on a énormément progressé sur la question.

    Face à la menace croissante d’un basculement généralisé irréversible des écosystèmes terrestres et océaniques, Barnosky et al. prônent d’investir dans la détection des signes précoces de transitions critiques, mais aussi de s’intéresser aux racines du « mal », c’est-à-dire aux modalités de fonctionnement de notre société humaine qui sont en train de « forcer » les changements biologiques, écologiques et climatiques que l’on déplore. Une société mue par la consommation, entrainée dans la fuite en avant.

     © Anne Teyssèdre

    © Anne Teyssèdre

    Soyons clairs : Les écosystèmes, et la biosphère elle-même, sont dotés d’une résilience limitée. La Terre ne pourra rester accueillante pour les humains que si ceux-ci réduisent notablement leurs pressions sur la plupart des écosystèmes terrestres et marins. Tout projet de domination de la biosphère est mortel pour les humains que nous voulons être!

    Pire encore : toute trajectoire d’amplification des impacts sur les écosystèmes, planifiée ou non, met en péril les sociétés humaines avec l’effondrement des écosystèmes et l’épuisement des fameux « services » qu’ils rendent aux sociétés. En d’autres termes, rien ne sert aujourd’hui d’ignorer les interdépendances entre humains et biodiversité. L’urgence est au contraire de décrypter les mécanismes écologiques, économiques et sociaux qui sous-tendent le fonctionnement des socio-écosystèmes et de les faire connaître à l’ensemble des acteurs des sociétés, pour favoriser la gestion collective, équitable et adaptative des ressources en même temps que la préservation de la biodiversité et des milieux de vie (cf. par ex. Couvet et Teyssèdre 2010).

    Une économie de la transition écologique

    « Les mécanismes qui expliquent l’extraordinaire dynamisme de la société moderne, et par là même sa soif inextinguible d’énergie, sont les mêmes que ceux qui expliquent sa tendance à l’autodestruction » écrivait Jean-Pierre Dupuy (2006) dans son « Retour de Tchernobyl. Journal d’un homme en colère ».

    Il était en colère … et on le comprend. Le propre du vivant est la propension à l’expansion. Homo sapiens ne pouvait y échapper. Il y a tellement bien réussi, grâce notamment à l’exploitation vorace des énergies fossiles, qu’il est aujourd’hui dans la démesure (Flahaut, 2008) – une démesure qui entraîne des inégalités et injustices dangereuses (Stiglitz, 2012).

    Mais puisque l’« Homme c’est la nature qui atteint à la conscience », disait Elisée Reclus, l’espoir n’est pas perdu : le temps est venu de se servir de cette conscience, de cette capacité d’analyse, pour préparer la transition d’un monde insoutenable à un monde où humains et non- humains pourront coévoluer ensemble. N’est-ce pas ce que Darwin nous a enseigné ? Un objectif sous le signe de la Solidarité écologique (Mathevet 2012).

    Au delà de la prise de conscience et de l’analyse individuelle, d’autres caractéristiques d’Homo sapiens sont des atouts majeurs pour affronter la crise actuelle de la biosphère : ses capacités démontrées de communication, de concertation et d’organisation, nécessaires pour définir et mener à bien des projets collectifs. (Notons que ces capacités ont largement contribué aux progrès techniques et à l’expansion démographique de notre espèce!)

    Face au bouleversement actuel des écosystèmes – ou plutôt des socio-écosystèmes – par les activités humaines, l’analyse et la prise en compte de l’ensemble des mécanismes et facteurs d’impact par les sociétés est nécessaire. Dont, en particulier, les mécanismes économiques (cf. par ex. Daly et Farley, 2010).

    Déforestation en Amazonie (© Justine de Bodinat)

    Déforestation en Amazonie (© Justine de Bodinat)

    En effet, les intérêts économiques à court terme et les valeurs d’une partie des acteurs – entreprises, secteurs d’activité, communautés territoriales, …- vivant sur place ou dans une autre région géographique impliquée par les actions, s’opposent fréquemment à ceux d’autres « parties prenantes », avec un impact négatif sur les écosystèmes concernés. La consommation importante de viande de bœuf (nourri aux tourteaux de soja ou maïs) dans les pays riches induit la déforestation en Amérique du Sud par exemple, au détriment d’une partie de la population et des écosystèmes sud-américains.

    La gestion collective de biens communs n’est pas chose simple, même à l’échelle territoriale largement explorée par Elinor Ostrom (Prix Nobel d’économie en 2009), et expérimentée par le MAB (Programme Man And Biosphere de l’UNESCO) dans les Réserves de Biosphère. Elle est bien sûr favorisée par la compréhension – dans ses grandes lignes – du système d’interactions et des principaux enjeux écologiques, économiques et sociaux par l’ensemble des acteurs. Et elle se complique considérablement lorsqu’une partie des acteurs, du fait de leur position sociale ou géographique, ne subissent pas les conséquences négatives à court ou moyen terme de leurs actions sur les écosystèmes, ou lorsque des acteurs aux intérêts et valeurs divergents ne parviennent pas à s’entendre sur des objectifs de gestion.

    Or la biosphère est le « bien commun » de l’humanité par excellence ! D’où l’importance de l’éducation à l’environnement et de la concertation sociale, mais aussi des mesures de régulation économique (incitations, permis de polluer, écotaxes…) et juridiques prises aux échelles régionales, nationales et internationales. Et, plus largement, de la prise en compte du système d’interactions « Homme-Nature » dans les institutions, politiques publiques et choix de société.

    Les questions qui ont structuré les débats des deux journées du colloque furent on ne peut plus explicites, au cœur de la transition écologique attendue :

    1. Croissance et monde fini, limites et seuils ;
    2. Quelle transition dans les divers secteurs d’activité ?
    3. Changer les processus et logiques de production ;
    4. Quels outils de régulation pour réussir la transition écologique ?
    5. Comment financer la transition écologique en temps de crise ?

    Perdrix rouge dans un pré (© Frédéric Jiguet)

    Perdrix rouge en bordure de champ (© Frédéric Jiguet)

    A progresser sur ces questions, en nous appuyant notamment sur les analyses du fonctionnement des socio-écosystèmes par des écologues, économistes, anthropologues et autres spécialistes des systèmes complexes, peut-être parviendrons-nous, les hommes et les femmes qui nous partageons cette Terre, à nous engager dans une économie durable et équitable, ménageant les écosystèmes et respectant les limites de la biosphère ? (Voir par ex. Jackson, 2010, et les pistes de lecture ci-dessous.)
    Et ainsi contrarier cette sombre intuition de Lamarck (qui anticipait sur la colère de Jean-Pierre Dupuy) : « On dirait que l’homme est destiné à s’exterminer lui-même après avoir rendu le globe inhabitable ».

    Ce qui est sûr, c’est que pour éviter cela il faut impérativement respecter la vie qui nous entoure – ce qu’on appelle aujourd’hui la biodiversité …

    En guise de conclusion, cette phrase de Geneviève Azam (2010) : « L’oubli de la nature finit par conduire à l’oubli de l’humanité elle-même, car la nature et le monde des hommes sont à la fois irréductibles et inséparables » (p 109).

    Bibliographie

    Alcott B., 2005. Jevons’s Paradox. Ecol. Economics 54 : 9–21

    Azam G., 2010. Le temps du monde fini. Paris, LLL.

    Balmford A. et W. Bond, 2005. Trends in the state of nature and their implications for human well being. Ecology Letters 8: 1218-1234.

    Barbault R., 2006. Un éléphant dans un jeu de quilles. L’homme dans la biodiversité. Paris, Seuil.

    Barbault R. et J. Weber, 2010. La vie, quelle entreprise ! Pour une révolution écologique de l’économie. Paris, Le Seuil.

    Barnosky A. et al., 2012. Approaching a state shift in Earth’s biosphere. Nature, 486 : 52-58.

    Brundtland G.H. (ed.), 1987. Notre avenir à tous. Traduction en ligne sur le site du Ministère des affaires étrangères : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/sites/odyssee-developpement-durable/files/5/rapport_brundtland.pdf

    Cardinale B. et al., 2012. Biodiversity loss and its impact on humanity. Nature, 486 : 59-67.

    Clavel J., Julliard R. and V. Devictor, 2010. Worldwide decline of specialist species : toward a global functional homogenization? Front. Ecol. Environ. 2 : 222-228.

    Couvet D. et A. Teyssèdre, 2010. Ecologie et Biodiversité, des populations aux socioécosystèmes. Paris, Belin.

    Daily G.C. et P.R. Ehrlich, 1992. Population, sustainability, and Earth caring capacity. Bioscience 42: 761-771.

    Daily G.C. (ed.), 1997. Nature’s services. Societal dependance on natural ecosystems. Washington D.C., Island Press.

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    Autres articles et ouvrages conseillés :

    En anglais :

    Bergerhoff Mulder M. and P. Coppolino, 2005. Conservation – Linking Evology, Economics and Culture. Princeton, New Jersey, Princeton University Press.

    Teyssèdre A. and D. Couvet, 2007. Expected impact of agriculture expansion on the world avifauna. C. R. Acad. Sci. Biologies 330 : 247-254.

    Gunderson L.H and C.S. Holling ed., 2001. Panarchy – Understanding transformations in human and natural systems. Washington D.C., Island Press.

    Tainter J.A., 1988, 2000. The collapse of complex societies. Cambridge, U.K., Cambridge University Press.

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    En français :

    Alternatives économiques. L’économie verte en trente questions. Numéro spécial sur la transition écologique, mars 2013.

    Desquilbet M., Dorin B. et D. Couvet, 2013. Land sharing ou land sparing pour la biodiversité : Comment les marchés agricoles font la différence. Innovations agronomiques n°x, ppx-x.

    Doré T., Réchauchère O. et P. Schmidely, 2008. Les clés des champs. QUAE Editions, Versailles.

    Fleury C. et A-C. Prévot-Julliard (eds), 2012. L’exigence de la réconciliation. Paris, Fayard.

    LaRevueDurable : Nombreux dossiers thématiques, dont en particulier :
    – Vivre heureux dans les limites écologiques. LaRevueDurable n°36, décembre 2009-janvier 2010.
    – Energie: les territoires sur la voie de la transition. LaRevueDurable n°38, juin-août 2010.
    – Investir dans un monde plus juste et plus beau. LaRevueDurable n°40, décembre 2010-janvier 2011.
    – La durabilité à portée de main. LaRevueDurable n°46, septembre-octobre 2012.
    – Ecologie et morale – Refonder le monde sur une vision plus juste de la nature humaine. LaRevueDurable n°49, mars-mai 2013.

    Teyssèdre A., 2007. Quelle Nature voulons-nous ? Observatoires et conservation de la biodiversité. Double DVDrom (dont le film « Nature en STOC » d’A. Teyssèdre et P. Gauthier, MNHN, 2006). Paris, MNHN, distribution CNDP.

    Teyssèdre A., 2008. Environnement : les stratégies partielles sont illusoires. Vertitude Magazine n°30, avril-juin 2008, pp. 25-26.

    Regards et séries vidéos en ligne, sur des sujets connexes

    Barot S. et F. Dubs, 2012. Mieux comprendre et utiliser les écosystèmes des sols. Regards et débats sur la biodiversité, SFE, regard n°28, février 2012.

    Barbault R., 2010. La biodiversité, concept écologique et affaire planétaire. Regards et débats sur la biodiversité, SFE, regard n°1, 10 septembre 2010.

    Cibien C. et M. Atramentowicz, 2010. Le MAB et les réserves de biosphère. Regards et débats sur la biodiversité, SFE, regard n°7, 6 décembre 2010.

    Clavel J., 2011. L’homogénisation biotique, une réponse aux changements globaux. Regards et débats sur la biodiversité, SFE, regard n°16, 18 avril 2011.

    Doré T., 2011. La biodiversité, atout pour l’agriculture. Regards et débats sur la biodiversité, SFE, regard n°24, 22 novembre 2011.

    Julliard R., 2010. Regards sur une perruche. Regards et débats sur la biodiversité, SFE, regard n°2, 25 septembre 2010.

    Julliard R. et F. Jiguet : Les oiseaux et la biodiversité face au changement climatique. Regards et débats sur la biodiversité, SFE, regard n°22, 11 octobre 2011.

    Karsenty A., 2011. La forêt tropicale et les paiements pour services environnementaux. Regards et débats sur la biodiversité, SFE, regard n°12, 21 février 2011.

    Kéfi S., 2012. Des écosystèmes sur le fil : transitions catastrophiques. Regards et débats sur la biodiversité, SFE, regard n°37, 19 octobre 2012.

    Lavorel S., R. Barbault et J.C. Hourcade, 2012. Impact et enjeux du changement climatique. Regards et débats sur la biodiversité, SFE, regard n°30, 3 avril 2012.

    Lebreton J-D., 2013. Biodiversité et dynamique des populations. Regards et débats sur la biodiversité, SFE, regard n°45, 26 avril 2013.

    Levrel H. et J. Hey, 2011. Ecoulement du temps et aménagement des écosystèmes. Regards et débats sur la biodiversité, SFE, regard n°13, 7 mars 2011.

    Masson – Delmotte V., 2010. Le climat de notre biosphère. Regards et débats sur la biodiversité, SFE, regard n°10, 26 janvier 2011.

    Merceron G. et A. Teyssèdre, 2012. Regard vers les grands singes du Miocène… et d’aujourd’hui. Regards et débats sur la biodiversité, SFE, regard n°40, 31 décembre 2012.

    Mouquet N., I. Gounand et D. Gravel, 2010. Biodiversité et fonctionnement des écosystèmes. Regards et débats sur la biodiversité, SFE, regard n°3, 8 octobre 2010.

    Pauly L. et F. Le Manach., 2012. Expansion et impact de la pêche mondiale. Regards et débats sur la biodiversité, SFE, regard n°31, 30 avril 2012.

    Pison G., 2012. Dynamique de la population mondiale. Regards et débats sur la biodiversité, SFE, regard n°33, 13 juin 2012.

    Prévot-Julliard A.C., J. Clavel et P. Teillac-Deschamps : Les quatre R de la conservation. Regards et débats sur la biodiversité, SFE, regard n°14, 22 mars 2011.

    Redon (de) L., 2012. Biodiversité et droit international. Regards et débats sur la biodiversité, SFE, regard n°27, 25 janvier 2012.

    Robert A., 2011. Les petites populations – Processus démographiques, génétiques et vortex d’extinction. Regards et débats sur la biodiversité, SFE, regard n°9, 10 janvier 2011.

    Roche B. et A. Teyssèdre, 2011. La biodiversité nous protège-t-elle contre les maladies infectieuses ? Regards et débats sur la biodiversité, SFE, regard n°18, 27 mai 2011.

    Skandrani Z., 2013. Connais-toi toi-même ! (Socrate). Regard sur les pigeons bisets et la relation Homme-Nature. Regards et débats sur la biodiversité, SFE, regard n°43, 14 mars 2013.

    Venail P., 2013. Impact de la perte de biodiversité sur les sociétés. Regards et débats sur la biodiversité, SFE, regard n°46, 16 mai 2013.

    Teyssèdre A., 2010. Les services écosystémiques, notion clé pour explorer et préserver le fonctionnement des (socio)écosystèmes. Regards et débats sur la biodiversité, SFE, regard n°4, 25 octobre 2010.

    Thompson J. et O. Ronce, 2010. Fragmentation des habitats et dynamique de la biodiversité. Regards et débats sur la biodiversité, SFE, regard n°6, 18 novembre 2010.

    Séries vidéos en ligne d’Anne Teyssèdre, avec Robert Barbault :

    Changement climatique, biodiversité et sociétés. A. Teyssèdre, MNHN – GIS Climat – La Huit, oct. 2008. Série vidéo de 17 questions clés, en ligne sur le site du GIS Climat et sur Canal-U.

    L’Homme et la Biosphère, c’est tout un Programme! A. Teyssèdre, MAB – MNHN – UVED, déc. 2012. Série vidéo de 17 questions clés, en ligne sur le site web du MAB France et sur la plateforme d’e-learning du Muséum.

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